C'est les mois d'octobre et de novembre,qui sont les véritables mois des châtaigniers.Véritables arbres à pain, les châtaigniers ont nourri la Corse et allégé bien des disettes. Castagniccia, Ghisoni, Fiumorbu, Tavera, ... sont les régions de prédilection de la châtaigne que l'on jette dans les “sporte”... Lisses ou vernissées, rondes ou plates, petites ou grosses, elles prendrons le chemins de “a rade” séchoir, où elles seront versées sur les lattes de bois et enfumées. Il faudra environ un mois d'un feu savamment dosé pour dessécher la chair des fruits et les rendre aptes à la mouture, remuées périodiquement, puis battues dans un sac de jute pour qu'éclate la peau; elles seront ensuite portées au four et au moulin où elles donneront la farine. Stockée dans des sacs “i Zani” où elles se conservent toute l'année, cette farine srt à faire entre autres des bouillies ou “Brilluli”, accompagnée de lait de chèvre froid, la “Pullenda” est la plus répandue et a fait longtemps office de pain populaire. Versée chaude du chaudron sur le “Tavagliolu” saupoudrée de farine, puis découpée pour être accompagnée d'oeufs, de cabri, de “brocciu” ou de “figatelli” grillé à la braise”. “Fritelle”, tourtes, “Pisticcine”, autant d'autres recettes rustiques à base de farine de châtaignes... En un mot, de robustes préparations qui ont constitué la base de l'alimentation insulaire.